SELARL 2026 : est-elle toujours intéressante fiscalement pour les professions libérales ?

Célia Pétrissans Expert-Comptable

Rédigé par Célia Pétrissans
Expert-comptable / Dirigeante

Publié le 6 mars 2026

On entend beaucoup que la SELARL ne serait plus intéressante depuis la réforme fiscale 2024–2025. Médecins, kinés, infirmiers libéraux s’interrogent : faut-il abandonner la société d’exercice ? En réalité, la réforme modifie la déclaration de la rémunération… mais ne supprime pas les avantages structurels de la SELARL. L’erreur consiste à juger l’outil uniquement à travers le changement de catégorie fiscale. Dans cet article, nous analysons concrètement ce qui change, ce qui ne change pas, et dans quels cas la SELARL en 2026 reste un puissant levier d’optimisation et de protection patrimoniale.

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Comprendre la réforme : que change 2024–2025 pour la SELARL ?

Depuis 2024, la rémunération du gérant majoritaire de SELARL relève désormais des BNC (bénéfices non commerciaux) et non plus du régime classique des rémunérations de gérance.

Concrètement :

  • la rémunération doit faire l’objet d’une liasse fiscale BNC distincte

  • les charges sociales doivent être correctement ventilées

  • l’abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels ne s’applique plus

Il s’agit d’un changement déclaratif et technique, pas d’une remise en cause du modèle SELARL.

Analyse concrète : impact réel de la réforme sur la SELARL

Le principal impact porte sur la perte de l’abattement de 10 %.
Pour un dirigeant percevant 80 000 € de rémunération annuelle, cela représente mécaniquement une base imposable plus élevée.

Mais il faut raisonner globalement :

  • la société reste soumise à l’impôt sur les sociétés (IS)

  • le taux réduit d’IS demeure applicable sous conditions

  • la stratégie de rémunération reste modulable

L’intérêt d’une SELARL 2026 ne se limite pas à la case fiscale de la rémunération. Il repose sur la capacité à piloter :

  • le niveau de rémunération

  • la capitalisation dans la société

  • la structuration patrimoniale

Les points d’attention à ne pas négliger

La réforme implique davantage de rigueur technique :

  • déclarations BNC supplémentaires

  • anticipation des appels de cotisations sociales

  • cohérence entre rémunération et trésorerie

  • suivi précis des charges sociales personnelles

Le risque n’est pas fiscal en soi.
Il concerne surtout la gestion et la conformité déclarative.

Pourquoi la SELARL reste stratégique en 2026

Malgré la réforme, les fondamentaux demeurent.

1. Maîtrise de la rémunération
Vous choisissez le montant soumis aux cotisations sociales.

2. Capitalisation en société
Les bénéfices laissés en société sont taxés à l’IS, souvent inférieur à votre tranche marginale à l’IR.

3. Protection patrimoniale
La séparation entre activité et patrimoine sécurise votre outil de travail.

4. Transmission facilitée
La cession de parts de SELARL offre plus de souplesse qu’une activité en entreprise individuelle.

Pour de nombreux professionnels de santé, la SELARL en 2026 reste un outil structurant, notamment lorsque le bénéfice devient significatif et que la capacité d’épargne augmente.

Pour aller plus loin sur l’accompagnement dédié aux libéraux, rendez-vous sur notre rubrique dédiée.

Conclusion

Non, la SELARL n’a pas perdu son intérêt en 2026.
La réforme a modifié un mécanisme déclaratif, mais elle n’a pas supprimé la puissance stratégique de la structure.

Bien utilisée, la SELARL permet :

  • d’optimiser la fiscalité globale

  • de sécuriser l’activité

  • de préparer la retraite

  • d’organiser la transmission

La clé reste une analyse personnalisée.

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