Créer une SELARL (Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) est aujourd’hui une solution de plus en plus envisagée par les professions libérales souhaitant optimiser leur fiscalité et structurer leur activité.
Une question revient régulièrement :
est-il possible d’être seul associé en SELARL ?
Si la réponse juridique est simple, la réalité est plus nuancée. Beaucoup de professionnels pensent qu’il suffit de créer une SELARL pour payer moins d’impôts. En pratique, ce n’est pas la structure en elle-même qui crée l’optimisation, mais la manière dont elle est utilisée.
Dans cet article, nous allons analyser le fonctionnement de la SELARL unipersonnelle, ses avantages, ses limites, et surtout sa pertinence dans une stratégie patrimoniale globale. Retrouvez la vidéo complète sur notre chaîne YouTube.
Comprendre le fonctionnement d’une SELARL unipersonnelle
Il est tout à fait possible d’exercer seul en SELARL.
Dans ce cas, on parle de SELARL unipersonnelle, équivalent pour les professions libérales de l’EURL ou de la SASU.
Concrètement :
- vous êtes l’unique associé,
- vous pouvez être gérant,
- vous exercez votre activité au sein de la société,
- la structure est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS).
Sur le plan juridique, il n’y a donc aucune contrainte.
En revanche, la question centrale reste : dans quel objectif créer cette structure ?
Analyse : BNC vs SELARL (exemple concret)
Prenons un cas simple pour illustrer les différences.
En entreprise individuelle (BNC)
Si vous générez 120 000 € de bénéfices :
- vous êtes imposé à l’impôt sur le revenu sur l’intégralité du montant,
- vos cotisations sociales portent également sur la totalité du résultat,
- vous disposez de peu de leviers d’optimisation.
En SELARL à l’IS
Avec la même activité :
- vous pouvez choisir votre niveau de rémunération (par exemple 70 000 €),
- seule cette rémunération est soumise aux cotisations sociales,
- le reste du bénéfice est imposé à l’impôt sur les sociétés,
- une partie peut être taxée à un taux réduit (15 %).
Conséquence :
- une meilleure maîtrise de votre fiscalité,
- une capacité à conserver de la trésorerie dans la société,
- des possibilités d’investissement à moyen et long terme.
Les erreurs fréquentes à éviter
Penser que la SELARL est une solution automatique
Créer une SELARL ne réduit pas mécaniquement les impôts.
Tout dépend de la stratégie adoptée.
Se verser 100 % du bénéfice
Si vous vous rémunérez intégralement chaque année, l’intérêt fiscal devient limité.
Ne pas raisonner en stratégie globale
La SELARL doit s’inscrire dans une logique patrimoniale :
- développement d’activité,
- investissements,
- structuration future (holding),
- préparation de la retraite.
Négliger l’accompagnement
Une mauvaise structuration peut entraîner :
- une fiscalité inefficace,
- des contraintes juridiques,
- des coûts à long terme.
Quelle stratégie adopter selon votre situation ?
La pertinence d’une SELARL dépend de plusieurs facteurs.
Si vous avez besoin de l’intégralité de vos revenus
L’intérêt de la SELARL est limité.
Une entreprise individuelle peut suffire.
Si vous souhaitez optimiser votre fiscalité
La SELARL permet de :
- moduler votre rémunération,
- réduire les cotisations sociales,
- lisser votre imposition.
Si vous souhaitez investir
La trésorerie conservée dans la société peut servir à :
- investir dans l’immobilier,
- préparer une holding,
- développer votre patrimoine.
Si vous avez une vision long terme
La SELARL devient un véritable outil stratégique :
- anticipation de la retraite,
- transmission patrimoniale,
- évolution de votre structure.
FAQ
Peut-on créer une SELARL seul ?
Oui, c’est juridiquement possible via une SELARL unipersonnelle.
La SELARL permet-elle toujours de payer moins d’impôts ?
Non, uniquement si elle est utilisée dans une stratégie adaptée.
Peut-on investir avec une SELARL ?
Oui, notamment via la trésorerie générée, sous certaines conditions.
Conclusion
La SELARL ne doit pas être considérée comme une simple formalité juridique, mais comme un véritable outil de structuration.
Son efficacité repose entièrement sur la stratégie mise en place :
- niveau de rémunération,
- gestion de la trésorerie,
- objectifs patrimoniaux.
Une mauvaise utilisation peut limiter ses avantages, tandis qu’une approche structurée permet d’en faire un levier puissant d’optimisation.
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